Tout savoir sur l’épilepsie :
comprendre, diagnostiquer et agir
Imaginez la scène. Lucas, 28 ans, termine tranquillement son café en terrasse.
Soudain, le monde s’efface. Ses mains tremblent, son regard se fixe dans le vide.
Quelques secondes plus tard, il reprend ses esprits, un peu confus. Lucas vient de traverser une “absence”.
Comme lui, 650 000 Français vivent avec une épilepsie. Chez la mutuelle Mutlor, nous pensons que comprendre ce vécu change notre regard sur la maladie.

Qu’est-ce que l’épilepsie ? Un orage sous le crâne
D’après l’Assurance Maladie (Ameli), l’épilepsie résulte d’une hyperexcitabilité des cellules nerveuses du cortex cérébral. Les neurones produisent soudainement une activité électrique anormalement intense.
Ce phénomène ressemble à un court-circuit ou à un “orage” localisé.
De plus, cette maladie peut apparaître à tout âge. Mais elle touche particulièrement les enfants et les personnes âgées, pour des raisons souvent différentes.

Les multiples visages des crises épileptiques
Il n’existe pas une seule épilepsie, mais bien des formes variées. La Fédération Française de Neurologie souligne l’importance de distinguer les symptômes.
Les crises généralisées
La crise tonico-clonique :
C’est la forme la plus spectaculaire. Elle provoque une chute, des raideurs musculaires, puis des secousses rythmiques.
Les absences :
Très fréquentes chez l’enfant, elles se manifestent par un regard fixe et une rupture de contact de quelques secondes.
Les crises focales (ou partielles)
Elles débutent dans une zone précise du cerveau. Les symptômes dépendent alors de la zone touchée :
- Mouvements involontaires d’un membre ;
- Troubles sensoriels (hallucinations auditives ou visuelles) ;
- Émotions soudaines et inexpliquées (peur, joie).

Un diagnostic précis : une étape essentielle
Le diagnostic repose sur une collaboration étroite entre le patient, ses proches et le neurologue. Comme le précise la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), plusieurs examens sont indispensables.
L’interrogatoire clinique :
Le médecin analyse le récit des crises. Le témoignage de l’entourage s’avère ici crucial pour décrire les signes invisibles pour le patient.
L’électroencéphalogramme (EEG) :
Cet examen est indolore. Il enregistre l’activité électrique cérébrale pour repérer des anomalies spécifiques.
L’IRM cérébrale :
Elle sert à identifier une cause structurelle, comme une cicatrice ou une malformation.

Traiter l’épilepsie : vers une vie normale
Grâce aux avancées scientifiques, la majorité des patients mène une vie active et épanouie. Les stratégies thérapeutiques actuelles sont multiples.
Les traitements médicamenteux
Près de 70 % des patients stabilisent leur état grâce aux anti-épileptiques.
Ces molécules diminuent l’excitabilité des neurones. Par contre, une observance rigoureuse du traitement reste la clé du succès.
Les alternatives en cas de résistance
Pour les 30 % restants, d’autres solutions existent :
- La chirurgie :
Elle consiste à retirer la zone cérébrale responsable des crises. - La stimulation du nerf vague :
- Un petit boîtier envoie des impulsions régulières pour réguler l’activité cérébrale.
- Le régime cétogène :
Ce régime alimentaire spécifique aide parfois à réduire les crises chez certains enfants.

Les bons réflexes : que faire face à une crise ?
Le site Epilepsie-Info rappelle des gestes simples mais vitaux. Si vous êtes témoin d’une crise :
1. Notez la durée de la crise.
Si elle dépasse 5 minutes, appelez les secours (15 ou 112).
2. Gardez votre calme et restez auprès de la personne.
3. Protégez sa tête avec un vêtement souple.
4. Ne mettez rien dans sa bouche (contrairement aux idées reçues).
Sources :
- Ameli.fr – Épilepsie : définition et causes
- Fédération Française de Neurologie – Qu’est que l’épilepsie ?
- Ligue Française Contre l’Épilepsie – Les épilepsies
- Organisation Mondiale de la Santé – Épilepsie
- Fondation sur la Recherche Médicale – Tout savoir sur l’épilepsie


